Vous avez vu l’Odyssée de Nolan ?

Écrit par

Luc Labrecque

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Vous avez vu l’Odyssée de Nolan ?

L’Odyssée n’est ni un livre chrétien, ni un film chrétien. C’est une œuvre païenne, écrite plusieurs siècles avant le Christ. Pourtant, elle peut être lue comme une préparation à l’Évangile, une quête humaine qui trouve son accomplissement en Jésus-Christ.

En sortant du cinéma (et en me replongeant dans mes souvenirs de collège) j’ai essayé de rassembler les 10 idées qui me semblent dire quelque chose de profondément chrétien.

  1. Ulysse est l’image de l’homme en exil

Toute l’histoire commence par un homme loin de sa véritable maison. Il erre, il souffre, il est tenté, il perd ses compagnons, il traverse les ténèbres. C’est exactement la condition de l’homme depuis la Chute. Comme Adam, l’humanité vit loin de sa véritable patrie. Saint Augustin écrira : « Notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » Ithaque devient alors une image du Royaume de Dieu : la maison où le Père attend ses enfants.

  1. Toute la vie chrétienne est une odyssée

La foi n’est pas seulement un événement. C’est un voyage. Le baptême n’est pas l’arrivée. C’est le départ.

Comme Israël traversant le désert, comme les disciples marchant vers Emmaüs, le chrétien avance au milieu des épreuves. Saint Pierre dira : « Vous êtes des étrangers et des voyageurs sur la terre. » Le chrétien ne cherche pas simplement à réussir sa vie. Il cherche à rentrer chez lui.

  1. Les sirènes : le péché qui séduit

Les sirènes promettent le bonheur. Elles chantent. Elles séduisent. Mais celui qui les écoute meurt. Le péché agit exactement ainsi. Il promet la liberté mais produit l’esclavage. Le Christ ne nous prive pas du bonheur. Il nous sauve des faux bonheurs. Les liens qui attachent Ulysse au mât annoncent une vérité profonde : la vraie liberté passe parfois par une discipline librement consentie. Le chrétien choisit de s’attacher au Christ pour ne pas être emporté par ses passions.

  1. Le Cyclope : le péché de l’orgueil

Polyphème est gigantesque. Il est fort. Mais il ne connaît ni Dieu ni la justice. Son monde tourne autour de lui-même. Le péché fondamental est toujours l’orgueil. Saint Augustin disait : « Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi. » Le Cyclope représente l’homme refermé sur lui-même.

  1. Circé et Calypso : les idoles

Deux femmes proposent à Ulysse une vie confortable. L’une offre le plaisir. L’autre l’immortalité. Mais au prix d’abandonner sa vocation. Combien d’idoles aujourd’hui promettent exactement cela ? Le confort. Le succès. Le pouvoir. La sécurité. Mais chaque fois au prix d’oublier l’appel de Dieu. Le Christ dira : « Que sert à l’homme de gagner le monde entier s’il vient à perdre son âme ? »

  1. Télémaque : la recherche du Père

Le début de l’Odyssée raconte moins les aventures d’Ulysse que celles de son fils. Télémaque grandit sans père. Il part à sa recherche. Difficile de ne pas penser ici à l’Évangile. Toute l’humanité cherche le Père. Et Jésus vient précisément révéler son visage. Là où Télémaque cherche un père absent, Jésus nous fait connaître le Père présent.

  1. Pénélope : la fidélité

Pendant vingt ans, elle attend. Elle résiste. Elle espère. Elle demeure fidèle. Elle devient une magnifique figure de l’Église. L’Église attend le retour de son Époux. Comme les vierges sages de la parabole, elle veille. La fidélité n’est pas de l’immobilisme. C’est une espérance active.

  1. Les prétendants : le désordre du péché

Les prétendants occupent la maison. Ils consomment. Ils détruisent. Ils vivent comme si tout leur appartenait. Le péché agit pareillement dans notre cœur. Il s’installe progressivement. Il finit par prendre toute la place. Lorsque le Christ revient, il remet de l’ordre. Le jugement de la fin des temps n’est pas une vengeance. C’est la restauration de la justice.

  1. Le retour d’Ulysse annonce un Roi plus grand

Ulysse revient déguisé. Personne ne le reconnaît. Seuls quelques fidèles discernent sa véritable identité. Le Christ aussi vient humblement. Les siens ne le reconnaissent pas. Mais contrairement à Ulysse, Jésus ne revient pas seulement récupérer un royaume terrestre. Il inaugure le Royaume éternel.

  1. Les limites d’Ulysse montrent la grandeur du Christ

C’est ici que la comparaison devient la plus belle. Ulysse sauve sa propre maison. Le Christ sauve le monde. Ulysse triomphe par la ruse. Le Christ triomphe par la Croix. Ulysse tue ses ennemis. Le Christ meurt pour les siens. Ulysse revient à Ithaque. Le Christ ouvre le Royaume des Cieux. L’Odyssée raconte comment un homme retrouve sa maison. L’Évangile raconte comment Dieu vient chercher ses enfants.

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Luc Labrecque

Luc Labrecque est un laïc consacré à la nouvelle évangélisation. Il est répondant national des Écoles d’Évangélisation Saint-André pour l’Afrique et accompagne de nombreuses communautés en Europe, au Canada et sur le continent africain.

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