La rencontre avec Luc Labrecque
Comment tout a commencé
J’ai fait la connaissance de Luc Labrecque sur Facebook. Sa photo apparaissait dans mes suggestions d’amis. Comme je suis guide touristique, j’ai l’habitude de voir passer des profils d’étrangers. En voyant que nous avions des amis en commun, et pensant qu’il était prêtre (j’en ai beaucoup dans mes contacts), je l’ai ajouté. Tout a commencé ainsi.
À travers ses publications et nos échanges, Luc m’a parlé de la communauté Saint-André et des œuvres d’évangélisation. De mon côté, je suis petit-fils et fils de pratiquants, et neveu de plusieurs prêtres. Ce qu’il me partageait rejoignait profondément mon histoire et m’a tout de suite intéressé.
Je ne me souviens plus très bien qui a invité l’autre en premier, mais Luc m’a parlé d’un projet de fondation pour l’Afrique. Après quelques mois de relation en ligne, il évoquait une visite à Madagascar. Je n’y croyais pas vraiment… jusqu’au jour où il m’a montré son billet d’avion. C’est alors que je lui ai proposé de l’héberger chez nous.
Avec le recul, je ne peux que parler de Providence. Comme guide, plusieurs étrangers m’avaient promis de venir ces dernières années, sans jamais donner suite. Avec Luc, tout s’est concrétisé. J’en déduis que sa venue relève véritablement de l’œuvre de Dieu.
Notre réalité ecclésiale avant sa venue
L’état de la paroisse et de la communauté
Notre paroisse, Sainte-Trinité de Mangasoavina, fait partie des six grandes paroisses du centre-ville de la capitale. C’est, selon nous, une Église vivante. Pourtant, après la première messe dominicale à laquelle Luc a assisté, il nous a partagé son ressenti : quelque chose manquait, une forme de vivacité, comme un vide intérieur.
Nos forces pastorales sont bien réelles. Nous célébrons quatre messes chaque fin de semaine et environ 3 000 fidèles y participent. De nombreuses personnes sont engagées dans les associations paroissiales : conseil pastoral, scouts, mouvement eucharistique.
Mais nous vivons aussi une certaine monotonie. Tout devient habitude. La dynamique s’essouffle.
Je ne dirais pas qu’il existait un désir clair de renouveau, tel qu’on l’entend habituellement. Beaucoup confondent ces démarches avec des pratiques évangéliques, souvent perçues ici comme des sectes. Pourtant, depuis longtemps déjà, nous ressentions que quelque chose devait changer. Trop souvent, nous sortons de l’église exactement comme nous y sommes entrés.
La proposition de l’écosystème missionnaire
Ce qui a résonné en nous
Lorsque Luc nous a présenté, à ma femme et à moi, la vision de l’écosystème missionnaire, nous avons d’abord pensé au mouvement charismatique, que nous connaissions mal. Il a pris le temps de nous expliquer, soulignant surtout l’importance de la formation.
Cette vision nous a interpellés par son appel à vivre la foi avec plus de dynamisme. Elle ouvre une perspective nouvelle, non seulement pour notre famille, mais aussi pour notre quartier paroissial et pour la paroisse tout entière.
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’ouverture à d’autres formes de prière, de louange, le partage plus vivant de la Parole de Dieu et l’utilisation de moyens concrets que nous n’avions jamais expérimentés. Cette approche m’a profondément rejoint. Elle m’a donné le désir de vivre pleinement ma foi.
Le choix d’implanter une École d’évangélisation Saint-André
Une décision discernée
Au début, lorsque Luc parlait d’une école, nous pensions à un bâtiment. Mais en comprenant la vision, nous avons réalisé que cette école permettrait aux pratiquants de rejoindre ceux qui se sont éloignés, pour les conduire à Jésus.
Même si le nombre de fidèles est élevé, cette école peut nous aider à approfondir la foi et à transformer notre vie quotidienne, notamment nos comportements. Madagascar fait malheureusement partie des pays touchés par la corruption, et nous avons besoin d’une conversion profonde.
Je vois l’École d’évangélisation Saint-André comme un véritable levier de transformation, personnelle et communautaire. Elle ouvre un chemin de conversion, porteur de dynamisme spirituel, de croissance intérieure et d’engagement concret.
La réaction de l’Église institutionnelle
Curé, évêque, structures diocésaines
Au départ, notre curé n’était ni particulièrement enthousiaste ni opposé. Lors d’une deuxième rencontre, sa curiosité s’est éveillée. Il connaissait déjà un peu l’École Saint-André, ayant récemment servi comme missionnaire à l’île de La Réunion.
Nous n’avons pas rencontré l’évêque pendant le séjour de Luc à Madagascar. Toutefois, après son retour à La Réunion, Luc a rencontré le président de la Conférence épiscopale de Madagascar. Une heure de présentation de la vision est prévue lors de la prochaine réunion des évêques en novembre.
Au niveau paroissial, l’accueil est très positif. Le président du conseil pastoral est pleinement conquis par cette vision. Il a même reçu Luc chez lui avant son départ. Le vicaire de la paroisse est également très intéressé.
Je perçois une réelle complémentarité entre cette vision missionnaire et l’Église institutionnelle. Toutes deux cherchent à conduire chaque chrétien vers une relation vivante et profonde avec le Christ.
Après le départ de Luc
Ce qui demeure et ce qui s’enracine
La session Vie nouvelle n’a pas encore eu lieu. Elle est prévue pour le mois de juillet. J’espère qu’après cette étape, nous pourrons pleinement comprendre et vivre les fruits de cette vision dans notre quotidien.
Je crois profondément que nous n’avons rien à perdre à vivre de nouvelles expériences pour suivre le Christ. Comme il est dit dans l’Évangile : « Venez et voyez ».
Pour nous, cette rencontre a été un véritable chemin d’Emmaüs. Une semaine après le départ de Luc, j’ai été élu responsable d’une communauté de base, et avec ma fiancée, nous avons commencé notre cheminement vers le mariage chrétien.
Roderic Erintsoa Razaf
Madagascar















